L’Europe, premier mois

Voilà maintenant plus d’un mois que nous sommes partis de Montréal pour notre voyage de plusieurs mois en Europe. Le temps passe vite! Nous avons commencé par une semaine à Paris (que j’ai visité aussi l’année passé, Paul jamais). Le temps était gris, froid et pluvieux. Je n’étais pas au top de ma forme mais on a eu beaucoup de plaisir à se promener,  visiter le Louvre, faire des pique-niques partout! Ensuite l’aventure a vraiment commencé: on est partis sur la route, on a visité une partie de la France en se déplaçant d’un point à l’autre avec notre véhicule et on s’est équipés pour dormir dans la voiture. Et on dort bien! On est super prudents bien sûr, mais je peux vous dire déjà que je ne regrette pas notre décision de voyager ainsi! On a une liberté totale! On fait régulièrement notre budget et on le respecte parfaitement, ce qui est vraiment rassurant après un mois sur la route!

J’avais hâte d’être dépaysée, et donc d’arriver en Espagne! Ce qui m’a frappée quand on est passés de la France à l’Epagne, ce sont les montagnes! Elles sont splendides et changent complètement du paysage très plat des régions que nous avons visitées en France. Et ça m’enchante! Ayant grandi dans les Laurentides, je suis habituée au paysage montagneux et je l’affectionne particulièrement. Les montagnes ne sont pas pareilles par contre. Plutôt que nos montagne douces, ce sont des montagnes qui semblent très hautes et à pic, presque pointues. Elles me font penser aux montagnes du Costa Rica d’une certaine façon!

Les espagnols sont absolument charmants, et nous nous débrouillons bien avec ce qu’il me reste de mes cours d’espagnol et l’application Google Traduction (je crois que ce sera encore plus pratique en Allemagne et en Tchéquie!!). Le café est simplement délicieux, et je me suis gâtée en café con leche (café au lait) et en tortilla (sorte d’omelette aux patates) pour déjeuner à la première aire de service espagnole où nous avons dormi. Nous sommes chanceux depuis le début de notre aventure sur la route, nous trouvons généralement facilement du wifi, et grâce à Paul qui a fait un travail de préparation incroyable pour le voyage (il a lu tous les guides de voyage pour chaque pays et a compilé les informations dans une carte qu’il a créée dans son ordinateur… plein de programmation, je le laisse vous l’expliquer en temps et lieux) nous savons ce qui nous intéresse et quoi visiter! Paul est l’organisateur en chef, je suis responsable de la photographie 🙂

Nous étions très motivés avant de partir pour bloguer très régulièrement, mais savez-vous que c’est du travail voyager comme nous le faisons! Et on a décidé que nous voulions profiter de ce moment à notre propre rythme, donc le blog a été mis de côté, mais nous ne l’oublions pas (il faut dire aussi que mon ordinateur ne fonctionne plus, et avec la vitesse du wifi gratuit on a de la difficulté à ajouter des photos aux brouillons d’articles de blog donc ça prend beaucoup de temps et de patience). Peut-être prendra-t-il plus d’importance dans le futur!

En attendant, je vous laisse quelques images qui me font rêver!


Mon cahier

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler de ma pratique de cahier.

À ce moment, je passais à travers mes cahiers pour rassembler des notes sur la pratique du cahier que j’ai écrit un peu partout

Pour moi, le cahier est un carnet de voyage, un journal, un cahier de croquis, un atelier portatif, c’est l’endroit où je consigne mon quotidien, où je fais des expérimentations et où j’exprime mes émotions. Je tiens un cahier depuis plus de dix ans déjà ! Ma pratique de cahier m’a fait découvrir l’aquarelle, un médium que j’adore et que j’utilise quotidiennement maintenant. Au tout début, je ne le montrais qu’à quelques personnes donc ça restait un espace assez privé (je me souviens lorsque je montrais mon cahier à ma grand-mère, je lui demandais de regarder mais de ne pas lire, elle lisait toujours tout haha).

Aquarelle sur le bord de la plage

J’ai eu mon premier cahier en secondaire 5, lorsque j’ai participé à un projet d’exposition grâce à mon professeur d’arts plastiques avec d’autres élèves de ma classe. Ce projet a certainement changé ma vie et ma perception de l’art : nous avons rencontré des artistes, visité des expositions, galeries et musées, et nous avons conçu une œuvre autour d’une thématique très inspirante pour des jeunes adolescents (et qui m’inspire encore aujourd’hui): À Part Être. Ce titre nous a inspiré des œuvres complètements différentes et nous devions noter nos idées et faire nos croquis dans nos cahiers, nous avons même eu droit à un appareil photo jetable donc j’ai pu prendre quelques photos de mon projet. C’était un projet de plusieurs mois qui a été réellement marquant dans ma vie et qui m’a donné un aperçu de ce que c’est être une artiste.

Dessin/peinture avec des crayons neocolor II et aquarelle

Au Cégep, j’ai eu mon 2e cahier officiel. J’ai eu une prof qui nous a tous fait faire des cahiers (elle a acheté des cahiers au Dollarama, donc pas de stress de gâcher du beau papier) pendant son cours. On devait faire 5 pages par semaine, et elle nous a dit de tout mettre dedans: nos notes de cours d’arts, des croquis de projets, des listes d’épicerie, tout ! Là, ça se rapprochait plus de ce que le cahier est pour moi aujourd’hui. Je cherchais de l’inspiration et j’ai découvert Danny Gregory. Je l’appelle mon guru. La philosophie de Danny est simple : dessiner la vie, les objets de notre quotidien, et dessiner directement à l’encre sans faire de croquis préalablement. Ça m’a accrochée et j’ai commencé à dessiner un peu de tout, des choses qui ne m’avaient jamais accrochée avant mais qui marquent des moments dans ma vie et mon quotidien : des souliers, un sac particulier, ma tasse de café… Ces réalisations ont nourrit ma pratique de cahier. Plus tard j’ai découvert d’autres artistes qui avaient chacun une vision personnelle et unique de cette pratique, le « art journal » ou le journal artistique, le livre d’artiste, le cahier de croquis, le journal… J’ai découvert un univers de possibilités créatives. J’ai eu des périodes creuses, moins inspirée, mais je n’ai jamais arrêté complètement. Donc au cégep je commençais le cahier, je le gardais surtout pour moi et je le montrais un peu à ma famille mais c’était surtout privé.

une aile d’insecte que j’ai trouvée et collées avec du papier collant transparent et du washi tape dans mon cahier

À l’université, mon cahier est devenu pas mal intéressant, avec tous les artistes que je découvrais et les notions que j’apprenais. J’ai demandé quelques fois à mes amis ou collègues dans mes cours de me faire un dessin dans mon cahier, donc j’ai quelques dessins cocasses. Ma pratique s’est beaucoup développée avec ce que j’ai appris à l’université. Je me suis déjà fait dire par un étudiant français qui faisait une session chez nous que ce que je faisais n’était rien, parce qu’eux en France devaient remplir un cahier par mois ou par semaine (bref en faire beaucoup plus). À cette époque je remplissais un cahier aux trois mois. Je n’écrivais pas tant que ça mais j’essayais de noter les choses importantes et ce qui se passait dans ma vie, pour ne pas oublier. Une chose que ma grand-mère m’a dit est de tenir un journal car on oublie tout.

Café rose

Café rose

Mon cahier est devenu beaucoup plus publique à l’université car mes amis voulaient le voir et ça me faisait plaisir de le montrer (on ne va pas en art si on n’aime pas montrer nos œuvres !), donc je me censurais assez pour que n’importe qui puisse regarder mon cahier sans que ça me dérange. Et c’était correct, ça fait partie de mon parcours et j’ai expérimenté le fait d’avoir en quelque sorte un journal public. J’ai utilisé mes cahiers dans plusieurs projets d’université, donc j’ai aussi eu la critique de mes professeurs sur ce qui reste normalement intime et privé.

Dessin de mes plumes et crayons préférés

Depuis que j’ai terminé mes études (ça fait bientôt 7 ans), je montre beaucoup moins mon cahier ! Il est devenu un espace dont j’ai repris le contrôle à 100%, il ne fait pas le tour d’une table ou d’une classe entre des mains étrangères, je ne le montre à presque plus personne. Je me rend compte que j’ai retrouvé mon intimité. Je redécouvre mon cahier personnel, mes pensées privées, et je fais ce que je veux, j’écris ce que je pense sans censure, sans penser à ce que les autres pourraient en penser. Je ne pense plus aux autres, seulement à moi. C’est un autre apprentissage, qui m’a pris des années et n’est pas terminé. La réalisation que ce n’était plus un lieu public mais un lieu privé s’est faite lentement, et c’est comme découvrir que je peux parler une nouvelle langue. Je trouve que c’est magique de découvrir que je peux y dessiner ce que je veux, je peux m’essayer et échouer, et personne n’a à le savoir, car c’est à moi et je contrôle l’accès à mes pensées privées et secrètes.

Pratique de dessin d’architecture

J’aurais aimé savoir ce que je sais aujourd’hui quand j’étais adolescente, avoir un cahier m’aurait tellement aidée quand je me faisait achaler à l’école et quand j’étais déprimée. Mais peut-être que je n’étais pas prête ? C’est un investissement de temps, du temps que je suis habituée de prendre donc je n’y pense plus mais je suis fière d’être restée constante et d’avoir conservé cette habitude. Je me sens productive quand je remplis mes pages de petites œuvres d’art et de créations que je partage sur le web. Lorsque ça fait un moment que je n’ai pas fait de cahier, je me sens incomplète. Même si je ne fais pas 8 toiles par semaine, mon cahier est aussi une œuvre d’art à sa façon. Une série. Autant que ça peut être un journal bien ordinaire, que ça peut être aussi l’élévation du quotidien à œuvre d’art, selon le contexte.

Continuons à réfléchir et expérimenter.

La vie est magnifique, et l’art aussi.

La palette et son dessin (j’ai plusieurs palettes d’aquarelle)

Dessin et aquarelle de feuilles d’automne (et frottis à la mine)

La couverture de mon dernier cahier: une photo que j’ai prise avec mon téléphone, imprimée sur papier photo et collée avec du washi tape et du ducktape

Dessins au crayon Sharpie et autre

Dessin et aquarelles à partir de photos de la route prises en voyage avec le Maine avec ma mère, et collage

Carte de Boston et carte d’une pâtisserie

Dessin d’une bâtisse de Salem sur un pamphlet abordant l’histoire des sorcières de Salem

Une portion de mes cahiers: j’en ai beaucoup!

Dessin et aquarelle

Dessin et aquarelle

Roadtrip dans le sud

Il y a quelques temps, j’ai fait un petit voyage avec ma mère pour sortir de la ville et du quotidien, des petites vacances!
Sur la route!

Nous avons commencé par le Maine afin de se ressourcer à un endroit que nous connaissons. On a été a la mer pour écouter la marée haute, et le lendemain on a profité de la plage a la marée basse. On a été a notre restaurant préféré et on a dormi, pris du soleil et on s’est fait des cocktails! La belle vie 🙂

Moi et ma mère

Moi et ma mère

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Face matinale à Wells

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Installée pour faire mon journal

Ensuite on a été a Salem afin de profiter de la belle température automnale! C’est très joli comme ville, il y a beaucoup de petites boutiques de sorcellerie, de diseurs de bonne aventure et de prophéties. Nous avons surtout visité à pied, donc nous n’avons pas fait d’attractions payantes ou de musées. On a eu un petit moment photoshoot sur le bord de l’eau, et j’en ai également profité pour faire un dessin in situ!

Finalement, nous avons été à Boston ! Une autre ville magnifique, complètement différente de Salem et Wells. Le mélange d’architecture est super intéressant, et j’ai beaucoup aimé les édifices en vieille brique rouge.

Pendant ce voyage, je pensais surtout à prendre des photos pour pratiquer mon dessin architectural. Il y a toujours place à amélioration et j’aime travailler sur différents sujets. Je veux m’améliorer afin d’élargir mon champ créatif et pour que de nouvelle possibilités s’offrent à moi.

Gabrielle

Entamer une collection entomologique

Récemment, je me suis inscrit à un cours de biologie supplémentaire à mon université, le BIO6441 (Systématique des Insectes), un cours avancé d’entomologie. L’objectif principal est d’apprendre les familles d’insectes à l’aide de la réalisation d’une collection entomologique (désignation scientifique de l’épinglage
d’insectes dans une boîte).

insectes_multiples

Mes collègues et moi sommes allés il y a deux fin de semaine à la SBL (une station biologique que j’ai brièvement introduite dans une publication précédente) pour le début du cours. Au menu: chasser autant de bestioles que possible. En effet, nous devons élaborer une collection scientifique composée de la plus grande variété d’insectes possible.

pillulier

Les piluliers sont très pratiques pour stocker temporairement vos spécimens!

Durant toute la fin de semaine, nous avons ainsi balancer dans tous les sens nos filets à papillons dans les champs, dans la forêt, sur les rives des lacs, sur la route, dans une tourbière: même sous l’eau! Tout ce qui grouillait fut récolté, pendant que nous nous faisions assiéger par des hordes de moustiques, des taons et des mouches à chevreuil. Tout le temps que nous étions à l’extérieur, le soleil chaud gardait les insectes actifs et vulnérables: la pluie commença par coïncidence (et heureusement) lorsque la chasse fut terminée.

vespa

Une guêpe magnifique.

En bref, j’ai passé une fin de semaine fantastique avec des gens formidables et des conditions de chasse exceptionnelles. Maintenant, le plus gros du travail commence: monter tous mes spécimens et essayer de les identifier jusqu’à l’espèce. Au cours de l’été, j’aurai plusieurs opportunités pour accroître ma collection, le cours ne reprenant qu’en septembre. J’essaierai de publier quelques photos pour vous, n’hésitez pas de m’écrire des commentaires ci-dessous si vous avez des questions sur la mise au point d’une collection entomologique: c’est une activité très plaisante et remplie de découvertes! Jetez un oeil sur les photos qui suivent!

Paul

papillon

Un papillon sur la table de chirurgie.

bourdon

Mon gros bourdon.

papillottes

Un assortiment de libellules et un petit papillon de nuit.

fioles

Quelques insectes à corps mou et un intrus dans des fioles d’alcool. De gauche à droite: une larve de libellule, une larve de libellule, une larve de plécoptère, une chenille, une larve de demoiselle, une araignée, une autre chenille et une larve de trichoptère (à l’extérieur de la photo).

demoiselle

Un gros plan de la larve de demoiselle.